Symposium Demeuré.es Vivant.es. Mardi 27 octobre 2026.

<em>Shapeshifters, vol II</em> de Tilhenn Klapper - Crédit Nicolas Moulard 
Shapeshifters, vol II de Tilhenn Klapper - Crédit Nicolas Moulard 

Dans le cadre de l’exposition Demeure, POUSH et le Campus Condorcet seront ravis de vous accueillir pour le symposium Demeuré.es Vivant.es

Dans un contexte de chute de la biodiversité à l’échelle globale affectant la santé psychologique des individus et groupes humains, resurgit une question qui, millénaires après millénaires, n’aura cessée d’être fondamentale : comment faire face à la perte ? En 2023, Vinciane Despret (Les morts à l'œuvre ), propose de fabriquer un deuil de l’insistance vitale : un deuil qui, à défaut d’enjoindre à l’oubli, inclut les morts dans la communauté des vivants. Il s’agit de faire mémoire avec les morts, qui, en retour, participent à l’entretien des liens qui relient les vivants entre eux. Les pratiques rituelles du deuil dans de nombreuses sociétés traditionnelles avaient pareillement pour fonction de renforcer la cohésion de la communauté.

Déployée dans le cadre de Demeure, l’exposition des oeuvres d’artistes dans et en dialogue avec le cimetière de Pantin, ce symposium se propose d’aborder la question funéraire à travers le prisme de l’écologie politique. À partir du plus grand cimetière d’Europe, abritant autant de sépultures que de formes de vies animales, végétales ou microscopiques, et accueillant une variété de rites funéraires issus de traditions culturelles multiples, cette journée nous invite à réfléchir aux liens d’interdépendance qui unissent les vivants aux morts. Il s’agira d’interroger l’impact écologique des rites funéraires et des pratiques rituelles du deuil, en s’intéressant en particulier aux nouvelles pratiques funéraires qui abordent la mort comme processus de transformation susceptible de régénérer à la fois le sol et le corps social.

Nos invité.es, issu.es de milieux académiques, militants et associatifs nous éclaireront ainsi quant aux manières de replacer le corps des défunt.es à l’intérieur d’un écosystème auquel il participe, sur un plan organique et biologique, mais aussi politique et social. Se faisant, pourront émerger des pistes de réflexion quant à une réappropriation de notre rapport à la mort, qu’elle soit humaine ou plus-qu’humaine.

Pensé et organisé par Tilhenn Klapper, avec le soutien et la participation du Campus Condorcet.
Avec Firyel Abdeljaouad, Giovanni Aloi, le duo -h-, Vincent Lecomte, Magali Molinié, Grégory Nieuviarts, Marine Prunier, Léa Rivière, et Mathilde Tahar. 

Programme

— 9h30 : Accueil 
— 9h45 : Introduction par Tilhenn Klapper

I. COMPRENDRE ET TRANSFORMER LES CIMETIÈRES

— 10h00-10h30 : Firyel Abdeljaouad, conservatrice du cimetière parisien de Pantin. Rien d'important ne meurt.
— 10h30-11h15 : Magali Molinié, enseignante-chercheuse en psychologie, Université Paris 8 et Cornell University. Faire communs avec nos morts.es., épaissir nos milieux.
> 11h15-11h30 : Pause café

II. RÉINVENTER NOS RITUELS FUNÉRAIRES

— 11h30-12h30 : Grégory Nieuviarts, co-fondateur de la coopérative funéraire de Rennes, en conversation avec Marine Prunier, artiste. — Modération par Tilhenn Klapper
— 12h30-13h15 : Duo -h-, artistes et activistes. Pour les vivant.es et les mort.es des rituels entés.
> 13h15-14h15 : pause déjeuner

— 14h15-15h15 : Léa Rivière, artiste et poétesse. Apprendre à deuillier. 

III. REVOIR LES MORTS NON-HUMAINES

— 15h15-16h00 : Mathilde Tahar, chercheuse en philosophie de la biologie, UCL. Deuils et liens chez les non-humains.
> 16h00-16h15 : pause café
— 16h15-17h15 : Vincent Lecompte, artiste et enseignant-chercheur en esthétique, ECLLA - Université de Saint-Étienne. Dans l'œil de l'animal mort. Une prosopopée.
— 17h15-18h : Giovanni Aloi, écrivain et enseignant en art, School of the Art Institute of Chicago. The secret death of plants. — Intervention en anglais.

Informations pratiques

Le 27 octobre 2026, de 9h30 à 18h
À l'Auditorium 250 au Centre des Colloques du Campus Condorcet — Place du Front populaire, 93300 Aubervilliers
Inscription gratuite


Crédit : Raphaël de Bengy
Crédit : Raphaël de Bengy

POUSH × Campus Condorcet : quand l’art contemporain rencontre les sciences humaines et sociales

Deux communautés, un même territoire

Implantés à Aubervilliers, POUSH et le Campus Condorcet partagent un même ancrage territorial et la volonté de rendre savoirs et pratiques artistiques accessibles au-delà de leurs communautés respectives.

Le Campus Condorcet rassemble une importante communauté de chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales, tandis que POUSH réunit plus de 250 artistes aux pratiques très diverses : peinture, sculpture, vidéo, performance, photographie, design ou encore son.

Le rapprochement de ces deux communautés ouvre de nouvelles perspectives de travail : les artistes peuvent mobiliser des ressources documentaires, des objets de recherche et des regards scientifiques, tandis que les chercheurs peuvent confronter leurs travaux à d’autres formes de représentation et de mise en récit.

Des collaborations concrètes et réciproques

Ce partenariat se traduira par de nombreuses initiatives communes. Tables rondes, conférences, projections-débats, ateliers, expositions ou performances pourront ainsi être accueillis dans les espaces du Campus. Des cafés-rencontres entre artistes de POUSH et chercheurs du Campus seront également organisés régulièrement pour faire émerger de nouveaux projets.

À la demande de POUSH, le Campus pourra mettre en relation les artistes avec des chercheurs dont les travaux font écho à leurs projets. Les artistes en résidence pourront également accéder aux collections de l’Humathèque et investir ponctuellement des espaces du Campus pour travailler, exposer ou organiser des ateliers. Certaines œuvres d’artistes de POUSH pourront par ailleurs être présentées sur une durée plus longue dans différents espaces du Campus.

Cette circulation s’opérera dans les deux sens : POUSH ouvrira ses espaces aux chercheurs et artistes du Campus et proposera des visites de ses expositions. À ce titre, une attention particulière sera portée à l’accueil des artistes et chercheurs en situation d’exil, notamment dans le cadre des programmes UXIL et PAUSE.

Enfin, le partenariat trouvera sa place dans les grands rendez-vous scientifiques et culturels du Campus. Dans le cadre du Printemps des Humanités, POUSH pourra par exemple identifier un artiste ou un collectif dont le travail entre en résonance avec la thématique du festival. 

Pour en savoir plus : www.campus-condorcet.fr