BorderLine, une exposition de POUSH au Pavillon Vendôme

DU 31 JANVIER AU 30 AVRIL 2022

Borderline Poush Manifesto

© bonjour garçon, d’après une œuvre de Bruno Albizzati

30 avril – Finissage

– Deborah Fischer : lecture de son œuvre Hors du Chaos
 
– Honi Ryan, Abi Tariq et Karin Adrover : Elle est border, une performance son et mouvement
 
– Thibault Lucas : performance
 
Elena Costelian invite Lev  Ilizirov et Taisiia Cherkasova pour la performance Cartographie du désastre
Les performances présentées se veulent un dialogue entre passé présent et futur de l’Ukraine et du devenir de l’Europe.
– Elena Costelian Cartographie du désastre, installation performance, Cartographie de guerre, dessin au sol, traçage de territoire de l’invasion russe et Carte toponymique de la Zone contaminée de Tchernobyl : Paysages effacés de google map
– Lev Ilizirov : Guerre et Paix, dispositif type vidéo conférence tchat avec Poutine
– Taisiia Cherkasova : Pekoutcha Touga, (“Пекуча туга”, “Désir Ardent”), installation peinture activée sous forme de performance

Par leur situation géographique, les ateliers d’artistes de POUSH chevauchent une frontière riche de sens qui sépare Paris de Clichy, porte Pouchet, aux confins de cette immense boucle autoroutière et de cette muraille de béton, hautement symbolique en Île-de-France, qu’est le périphérique.

C’est dans un contexte de négociation permanente avec ces espaces de flux singuliers, que les artistes travaillent pour nous donner à voir les frontières autrement. Ils se faufilent dans leurs interstices tels des passe-murailles, ouvrent des brèches pour en saisir toute la démesure, auscultent les fractures et les balafres qui témoignent des métissages discrets ou spectaculaires qui se forment à ces interfaces.

À partir d’outils et véhicules qu’ils se forgent pour ces explorations, les artistes arpentent frontières physiques, géographiques, virtuelles, spirituelles ou abstraites en empruntant jusqu’aux plus infimes lisières, à l’image de celles qui conditionnent la vie, par l’enveloppe que constituent les membranes cellulaires. C’est parce que ces dernières ne sont pas des espaces rétifs et impénétrables qu’elles ont pu permettre l’émergence du vivant, avec une architecture moléculaire mouvante et extrêmement poreuse qui dévoile des échanges incessants.

BorderLine aborde la question des bords et des débordements sans détour. La frontière nous apparaît comme un non-lieu, comme une ligne sans épaisseur le long de laquelle fourmillent micro-événements, accidents et incidents, guerres et batailles, passages et voyages.

L’exposition explore avant tout la frontière dans sa dimension primaire : celle de la ligne qu’on franchit, celle qui sépare et qui réunit. La ligne, l’ostinato conceptuel de cette exposition, est envisagée comme un lieu de passage qui invite le spectateur à la considérer comme un espace stratégique, structurel et donc politique.

Cette exposition envisage un nouvel apprentissage à partir des bordures, elle porte une attention cruciale à ce que William Kentridge, artiste sud-africain, nomme “la pensée périphérique”. Etrangement, cette pensée périphérique, trop souvent mise de côté au premier regard, se retrouve au centre du processus de création envisagé par Kentridge. Tout est là. Ces idées, qui en bordure du sujet vu et pensé assaillent notre esprit, seraient à l’origine de la création. Cette exposition entend explorer ce processus ; longer autant de failles qu’il y a de frontières, étudier l’étincelle qui subsiste à la périphérie, précisément au point de contact de ces idées.

La frontière, cette entité aux trois visages – réel, symbolique, imaginaire – est donc avant tout un espace-temps d’où naîtrait la création. Pour les artistes, c’est peut-être aussi une façon de parler de Poush, ce refuge inventé pendant deux années de pandémie dans une tour de bureaux à Clichy transformée en ateliers d’artistes et se tenant à l’orée de Paris. Deux ans d’émulation artistique entre Paris et Clichy, par-delà cette ligne de goudron qu’est le périphérique.

BorderLine nous rappelle que le fait de voir et de penser est toujours une négociation entre ce qui apparaît à la surface et ce que l’on projette sur la chose vue ou pensée. Cette exposition nous invite à fouiller et ressentir cette zone hors norme, hors lieu et parfois hors temps qu’est la frontière.

Avec les artistes Bruno ALBIZZATI, June BALTHAZARD, Amélie BERNARD, Apollinaria BROCHE, Elliott CAUSSE, Grégory CHATONSKY, Pierre CLEMENT, Elena COSTELIAN, Caroline CORBASSON, Emmanuelle DUCROCQ, Adélaïde FÉRIOT, Deborah FISCHER, Pauline GUERRIER, Arash HANAEI, Anaïs LELIÈVRE, Thibault LUCAS, François MAURIN, Mathew MCWILLIAMS, Sabine MIRLESSE, Adrien MISSIKA, Honi RYAN, Edgar SARIN, Ugo SCHILDGE, Elodie SEGUIN, Alexandre SILBERSTEIN, Sarah VALENTE, Thomas VAN REGHEM, Louis VERRET, Florian VIEL, Jesse WALLACE et Ziyue ZHOU.

Commissaire d’exposition : Yvannoé Kruger

Coordination artistique : Lou Matthieussent

Rédaction du livret d’exposition : Inès Massonie, Lou Matthieussent

Régisseur général : Sylvain Berst

Remerciements à Rémi Muzeau, Maire de Clichy et Vice-président du département des Hauts-de-Seine et Luc Mercier, Adjoint au Maire en charge de la Culture – Relations Internationales – Tourisme, ainsi qu’à Sogelym-Dixence, Marie-Sarah Adenis, Fanny Bannet, Thibaut Bruttin, Christine Camio, Alexandre Colliex, Laure Colliex, Lolita Convert et Hervé Digne. 

BorderLine POUSH Clichy

Vue de l’exposition BorderLine © Ville de Clichy

BorderLine POUSH Clichy

Vue de l’exposition BorderLine © Ville de Clichy

BorderLine POUSH Clichy

Vue de l’exposition BorderLine © Ville de Clichy

Vues de l’exposition BorderLine © Ville de Clichy

BorderLine POUSH Clichy
Mathieu Merlet Briand

#ISTANDFORUKRAINE, Mathieu Merlet Briand © Courtesy de l’artiste